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ASSOCIATION SYMPHONIQUE ET CHORALE D'ANTONY

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Espace Choristes : discours

Concert du 11/04/2015 : Messe solennelle de Sainte Cécile de Charles Gounod

Quelques mots écrits par Nicolas Gounod, arrière-arrière petit fils de Charles GOUNOD, médecin à Antony, lus avant notre concert 

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Avoir pour arrière-arrière grand père le compositeur Charles GOUNOD, est un réel bonheur quand on est soi-même mélomane, ce qui n’est pas forcément héréditaire.

Enfant, on est bien sûr flatté par la récurrence du « Ah ! Gounod, comme le compositeur ? ».

Mais si plus tard  si l’interrogation quasi quotidienne peut lasser, on  prend quand même conscience que l’on porte un nom qui appartient à l’histoire. En témoignent une plaque de rue, un monument pompeux au Parc Monceau, un central téléphonique dans les années 60, un square à Saint Rémy de Provence, un hôtel luxueux à Nice, le nom d’un gâteau au chocolat parisien, la pochette du seul  disque encore visible de l’inoubliable rossignol milanais : la Castafiore, exposée au Château de Moulinsard , ou plutôt de Cheverny.

Puis avec le temps et la maturité, c’est parfois l’occasion de partager un moment d’intimité avec le questionneur. Sauf qu’en engageant la conversation, on s’aperçoit souvent que la connaissance de l’œuvre du compositeur reste succincte ! Je demande souvent  qu’on me cite  au moins quatre de ses 10 opéras, bien peu ont su me répondre.

Alors il faut éclairer l’interlocuteur. Lui préciser qu’effectivement la Castafiore ne chante pratiquement que « L’air des bijoux », extrait de Faust, en le massacrant bien sûr.

Pour les plus anciens, on peut  leur rappeler qu’à partir de 1955, Alfred Hitchcock présentait une série de court-métrages en noir et blanc à la Télévision, avec pour générique, « La Marche Funèbre d’une Marionnette »,  qui participait à camper l’ambiance inquiétante.

On entendra volontiers - tout en vérifiant que ce n’était pas celui de Schubert- que l’ « Ave Maria » entendu à la messe du mariage de la cousine, chanté vaillamment  jusqu’au bout par une soprano approximative, était  tellement émouvant. On se retiendra de  préciser que c’était avant tout Bach qu’il fallait remercier…

A un catholique fervent on fera bien remarquer que l’hymne pontifical du Vatican, toujours d’actualité,  est encore de la plume de l’aïeul, chrétien convaincu. 

Pour les plus avertis, on précisera bien que les mélodies de  Gounod préfiguraient celles de  Duparc, et qu’il fut un novateur en rompant avec l’écriture strophique, ouvrant ainsi la porte à Fauré et Debussy.

Pour les plus curieux on évoquera ses opéra méconnus, comme « La Reine de Saba », ou « Philémon et Baucis », « La nonne sanglante », en s’interrogeant sur les raisons d’un insuccès plus ou moins mérité. On évoquera en connaisseur une troisième symphonie inédite et incomplète, que nous avons exhumée pour la faire jouer il y a quelques années, quand Charles Gounod lui-même ne l’avait jamais entendue. On se laissera aller à la confidence en citant quelques quatuors à corde d’assez bonne facture qu’il n’avait pas voulu publier, mais qu’une partie de la famille a pourtant exhumés lors du centenaire de sa mort, un enregistrement existe encore.

On racontera volontiers ses relations exaltées avec d’autres artistes, avec lesquelles il partageait les affres de la création, essentiellement des femmes, comme George Sand. Pour autant, je n’en ferais pas comme se plaît à le caricaturer Alain Duault, un « érotomane mystique ». 

Et puis enfin, parcourant diverses archives et manuscrits, me penchant sur quelques portraits ou photographies à des âges variables, l’écoutant chantonner « Il pleut bergère » sur un rouleau de cire, lisant sa correspondance avec les compositeurs de son temps, prenant connaissance de la défense qu’en prît  le pourtant féroce Debussy dans son « Monsieur Croche », je me suis mis à regretter que cet homme enthousiaste et bienveillant, profondément imprégné du rôle que peut prendre la musique à chaque âge de notre vie, ne fût  pas plutôt le grand-père que je n’ai jamais eu.

J’aurais bénéficié de son altérité profonde, de sa connaissance intime de l’être humain et de ses aspirations spirituelles, de sa générosité sans faille et sans doute de son affection. Car au-delà du compositeur que j’apprécie à sa juste valeur, c’est l’homme et ses faiblesses pour lequel j’ai toute mon estime.

Sa musique religieuse ne m’est pas la plus familière, même si sur mon bureau trône un tirant de jeu, qui commandait jadis le  registre de Principal de l’orgue  Cavaillé-Coll de l’Eglise Saint Clodoald, à Saint Cloud, instrument récemment restauré et dont mon aïeul tenait autrefois le pupitre, d’où son goût pour l’improvisation.

Charles GOUNOD avait hésité entre une vocation théologique ou celle plus aléatoire d’artiste, musicien…ou peintre! Sa mère, devenue veuve trop tôt, avait dû élever ses deux garçons  en donnant des cours de piano et tout en respectant les convictions de son fils, lui avait suggéré d’être plutôt un musicien avec des sentiments religieux qu’un ecclésiastique appréciant la musique.

On rapporte volontiers son passage au petit séminaire, le fait qu’il portât l’habit et se fit appeler, mais quelques mois seulement, « l’abbé Gounod » !

Mais il est  bel et bien devenu musicien, s’est marié, et a vécu relativement heureux.

Il garda une foi profonde et un attachement sincère pour l’Eglise, au point de produire  de façon conséquente de la musique religieuse et même quelques écrits théologiques.

  • la musique religieuse, avec certes  l’anecdotique « Ave Maria » qui fit tant pour sa réputation, alors que ce n’était au départ qu’une simple improvisation de salon. Mais surtout une « Messe de Sainte Cécile », un « Requiem »,  écrasé par celui  de Mozart et rapidement supplanté par celui de Fauré, un oratorio puissant « Mors et Vita », flirtant parfois avec le wagnérisme,  un pavé avec « Rédemption » et bien d’autres œuvres encore. 

  • Le reste de sa production n’aura jamais eu la faveur d’un grand public, citons ses deux symphonies et quelques œuvres pour un orchestre réduit.

Catholique convaincu, Charles Gounod a manifestement trouvé dans la musique religieuse une façon d’honorer le Seigneur en le faisant bénéficier de son talent !

Je voudrais donc remercier aujourd’hui tous les musiciens et chanteurs,  ainsi que ceux qui ont dépensé leur énergie sans compter pour organiser ce concert pour faire entendre cette belle musique du 19ème siècle, et pas seulement les œuvres les plus connues.

                                                                                                                                                                                Dr Nicolas Gounod



  

MAJ 27/05/2015

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